Beaucoup plus tard, je suis étudiante. Je suis en bibliothèque, à Beaubourg, avec une amie. Nous aprlons, nous travaillons.
J'ai des soucis financiers qui me préoccupent peu, je suis absolument moi même et je ne pense pas à ma famille. Si j'y pense, c'est pour me dire avec désinvolture qu'ils sont casse pieds, et c'est tout.
J'écoute Patricia Kaas. Je n'aime pas complètement, mais j'apprécie.
Je suis ent rain de le réecouter et je suis là, à une table, à Beaubourg, dans la lumière blanche et crue de la bibliothèque.
samedi 20 novembre 2010
jeudi 21 octobre 2010
lundi 30 août 2010
Autres chemins
Des questions que je partage... Et je vois que pour explorer mes souvenirs, il y a encore mille chemins.
Un beau texte.
Un beau texte.
samedi 14 août 2010
vendredi 23 juillet 2010
Parce que j'écoute Louise
Une chanson que nous avons tous aimé à cette époque. Nous l'avons tous - tous aimé. Nous étions unis. Alors. Mais cette union fonctionnait sur le mensonge et l'incompréhension.
Est-il possible de dire que tout ceci était mensonge - il faut penser que non, car à l'époque mes sentiments étaient vrais.
Pourquoi je ressens cela, rétrospectivement, comme un mensonge.
Il y avait mes parents et il y avait la façon dont nous envisagions la famille. La famille était tout pour ma mère, disait-elle. Tout. Elle aurait, disait-elle, tué pour nous. Pour nous, ses enfants, moins pour mon père, qui lui avait surtout servi à faire les enfants. Mais je ne voyais pas les choses de cette façon.
A l'époque, cet amour de ma mère me paraissait un peu pesant. Lorsqu'elle en parlait, je ne voyais pas pourquoi il fallait en faire tout un plat, car autour de moi, il y avait d'autres petites filles, avec d'autres mamans, dont rien ne permettait de penser qu'elles étaient de moins bonnes mamans. L'amour maternel ne me paraissait pas si pompeux, mais quotidien. SI j'y réfléchis, je me rends compte que ma mère exaltait la qualité et la quantité de son amour pour nous. Elle se décrivait dans son amour de mère. Elle décrivait l'amour d'une mère, d'une façon lyrique, et il était sous entendu que cet amour était le plus beau, et qu'elle nous aimait comme ça.
A titre de comparaison, je dis à mes enfants qu'ils sont beaux, mignons, et que je les aime. Je ne décris pas l'amour d'une mère pour ensuite préciser que je ressens cet amour. Ma mère n'a jamais dit à ses enfants que nous étions si formidables (d'une façon ou d'une autre) qu'elle nous aimait. Elle nous aimait parce qu'elle était sous l'emprise de cet amour maternel qu'elle décrivait comme si exaltant.
Mais bien que je ne comprenne pas pourquoi c'était si merveilleux, j'avais bien compris qu'il fallait être exaltée d'avoir une mère touchée par la magie de l'amour maternel. Ma mère me parlait de petits enfants que leurs parents n'aimaient pas. Moi, j'avais la chance d'être aimée. Je devais m'en rendre compte, et je m'en rendais compte.
Tout se passait comme si j'avais une chance immense. En même temps, quand je regardais autour de moi, dans ma simplicité d'esprit, je ne trouvais pas que j'étais mieux lotie que mon entourage, à l'exception d'une copine dont la mère était vraiment chiante. Et même, à l'exception de cette fille, la plupart des gens que je connaissais avait des parents plus cools que mes parents. Ils avaient le droit de faire toutes sortes de choses qui m'étaient interdites : des fêtes, des sorties. Nous, nous n'avions le droit de ne rien faire. Il fallait rentrer tôt. La permission de minuit était un concept lointain : nous n'avions le droit d'aller à des soirées qu'accompagnées par mon père, et si les parents des enfants étaient là. J'avais renoncé à sortir, car le ridicule était total, j'avais honte et ne savais comment me sortir de là. Toutes les autres se retrouvaient entre elles et se rendaient ensemble à la soirée. Moi, non.
(Plus tard, quand j'avais 23 ans, mon père m'a accompagné un soir à 8 h 30 du soir chez une copine pour un trajet de 15 minutes dans le 15ème ; il avait peur ; j'avais franchi le seuil de la honte et l'ai simplement expliqué à mon amie qui, nous n'étions plus ado, a trouvé la chose cocasse).
Donc, la plupart des parents étaient plus cools, sauf un ou deux, mais ma mère était tout de même la plus extraordinaire des mères. En fait, elle essayait de nous faire ne pas désirer ce dont elle nous privait. je n'étais pas le genre de fille à sortir, tout de même ? Et en effet, j'ai coupé mon envie de sortir pour ne pas être une ado comme les autres, et être aussi exceptionnelle en temps qu'ado (je ne voulais pas de copines) que ma mère l'était en tant que mère.
Puis, vers 20 ans, j'ai eu des amies et j'ai eu ma vie. Ma mère a détesté cette vie et c'est là que son attitude a changé. Je n'ai plus vécu avec elle à 21 ans, et toutes les amies que j'ai rencontré entre 21 ans et 22 ans, elle les a détesté ; puis j'ai trouvé LA solution. J'ai arrêté de lui parler de mes amis.
C'est à partir de ce moment que j'ai regardé le passé avec scepticisme. J'ai compris le mensonge. Nous n'étions pas authentiquement heureux et unis. Nous étions pris dans la vision de ma mère. Nous voyions les choses comme elle le voyait : elle au dessus, mon père en soutien, et ses enfants, dans un nid bien clos. Le bonheur de ce nid bien clos était le bonheur de ceux qui ne savent pas qu'il y a un monde extérieur. Quand je suis sortie de ce monde extérieur, cela a été comme une trahison pour ma mère.
Je n'ai jamais pu revenir en arrière.
Je ne pouvais pas avoir le monde de ma mère et le monde. Même en mentant.
Pourtant j'ai menti les dernières années. Je ne parlais plus des amis que je voyais, des activités que je faisais. Je ne lui parlais que de mes enfants. Et tu vois des amis, tu fais des choses, me disait-elle ?
- Non, non, disais-je ingénument. Et j'ajoutais : tu sais, ça m'occupe, les enfants.
- Ah, bien, très bien, disait-elle. Je suis contente : il y a eu une époque où tu étais excitée, tu faisais trop de choses. Mais là, tu te consacres à tes enfants, c'est bien. Tu sais, c'est ce que j'ai fait toute ma vie, et je n'en ai pas honte.
De temps en temps, j'avouais un dîner en ville, une sortie, une rencontre entre mamans.
- Ah ! disait-elle en riant sèchement. Ça te reprend ? Et le pauvre gamin, il suit, évidemment ?
- Il adore ça, disais-je.
- C'est ce que tu te dis. Un enfant n'a besoin que de sa mère.
Je ne pouvais pas avoir les deux, il fallait mettre un mur entre. Avec elle, je n'étais pas moi-même ; avec les autres, non plus, me semblait-il, car je ne pouvais pas intégrer ma famille à ma vie, en parler tout simplement.
Oh, c'est lourd d'y repenser. Sa mort vit ma libération.
jeudi 22 juillet 2010
J'enrage ! Je me suis laissée allée à ce que je ne veux pas, l'amertume.
Je vais en parler un peu, avant de reprendre le cours de mes souvenirs.
J'ai un regard amer sur ma famille. Un regret de les avoir perçu tels qu'ils n'étaient pas. Le regret, aussi, de me découvrir manquant d'indulgence au point de ne pas les accepter tels qu'ils sont.
Comment en savoir plus ? Comment déterminer l'origine de ma rancoeur, si ce n'est en concluant que je leur ressemble ? Je voudrais tant accéder à la délivrance du pardon, de l'oubli, de l'indifférence. J'étais une petite fille et je croyais mon univers divin, et mes parents parfaits. Ils ne le sont pas et j'en tape du pied. Ne me crois pas, lecteur de passage, insensible à ce ridicule d'enfant gâté. C'est pour m'en extraire que j'écris ces lignes.
Ma mère, ombre éternelle sur ma vie, est morte. Pourtant, elle est toujours là. J'ai sous les yeux le spectacle lamentable de son autre enfant, crispée dans une rancoeur entretenue par les psy qu'elle va voir. Elle note tout, et comme elle n'est pas moi, ses travers m'apparaissent mieux : si elle ne sait pas bien ranger une maison, c'est que notre mère était trop ordonnée. Si elle cuisine mal, c'est que notre mère ne cuisinait pas. Elle refuse de "servir" son mari parce qu'elle a trop "servi" sa mère. Elle ne dit pas non à son enfant car notre mère lui disait trop non. Tout ceci est totalement déconnecté de sa réalité propre ; c'est à dire que ses discours me semblent occulter une réalité pourtant évidente à mes yeux depuis toujours : son caractère, sa personnalité propre, les réactions qu'elle a depuis toujours : elle e toujours (comme moi) rechigné à ranger sa chambre, toujours refusé de cuisiner ou de débarrasser la table, et si ma mère possédait sur elle une influence sournoise comme les mères en ont, à base de petites phrases et de remarques à mi voix, elle lui a toujours laissé le choix de son orientation professionnelle (ou plutôt, de sa non orientation professionnelle), de son emploi du temps, de sa vie. Peu importe de rentrer dans les détails, le plus important est cette impossibilité à se concevoir (et ceci peut venir de la mère) comme un sujet libre de ses choix, c'est-à-dire, sous influence, mais capable de dire non ; une éternelle enfant, en somme.
Parce que j'ai ce spectacle sous les yeux depuis des années, et que je le réprouve et en connais toute la fausseté (en un mot : se chercher des excuses), je me refuse à faire de même, alors que je discerne très bien en moi la même tendance.
Peu importe l'examen méticuleux du passé, sauf en ce qui concerne mes souvenirs, visuels. Je veux sortir de ce passé, sortir de la litanie des plaintes. Je veux aller au delà. Parce qu'au delà, il y a moi.
Je vais en parler un peu, avant de reprendre le cours de mes souvenirs.
J'ai un regard amer sur ma famille. Un regret de les avoir perçu tels qu'ils n'étaient pas. Le regret, aussi, de me découvrir manquant d'indulgence au point de ne pas les accepter tels qu'ils sont.
Comment en savoir plus ? Comment déterminer l'origine de ma rancoeur, si ce n'est en concluant que je leur ressemble ? Je voudrais tant accéder à la délivrance du pardon, de l'oubli, de l'indifférence. J'étais une petite fille et je croyais mon univers divin, et mes parents parfaits. Ils ne le sont pas et j'en tape du pied. Ne me crois pas, lecteur de passage, insensible à ce ridicule d'enfant gâté. C'est pour m'en extraire que j'écris ces lignes.
Ma mère, ombre éternelle sur ma vie, est morte. Pourtant, elle est toujours là. J'ai sous les yeux le spectacle lamentable de son autre enfant, crispée dans une rancoeur entretenue par les psy qu'elle va voir. Elle note tout, et comme elle n'est pas moi, ses travers m'apparaissent mieux : si elle ne sait pas bien ranger une maison, c'est que notre mère était trop ordonnée. Si elle cuisine mal, c'est que notre mère ne cuisinait pas. Elle refuse de "servir" son mari parce qu'elle a trop "servi" sa mère. Elle ne dit pas non à son enfant car notre mère lui disait trop non. Tout ceci est totalement déconnecté de sa réalité propre ; c'est à dire que ses discours me semblent occulter une réalité pourtant évidente à mes yeux depuis toujours : son caractère, sa personnalité propre, les réactions qu'elle a depuis toujours : elle e toujours (comme moi) rechigné à ranger sa chambre, toujours refusé de cuisiner ou de débarrasser la table, et si ma mère possédait sur elle une influence sournoise comme les mères en ont, à base de petites phrases et de remarques à mi voix, elle lui a toujours laissé le choix de son orientation professionnelle (ou plutôt, de sa non orientation professionnelle), de son emploi du temps, de sa vie. Peu importe de rentrer dans les détails, le plus important est cette impossibilité à se concevoir (et ceci peut venir de la mère) comme un sujet libre de ses choix, c'est-à-dire, sous influence, mais capable de dire non ; une éternelle enfant, en somme.
Parce que j'ai ce spectacle sous les yeux depuis des années, et que je le réprouve et en connais toute la fausseté (en un mot : se chercher des excuses), je me refuse à faire de même, alors que je discerne très bien en moi la même tendance.
Peu importe l'examen méticuleux du passé, sauf en ce qui concerne mes souvenirs, visuels. Je veux sortir de ce passé, sortir de la litanie des plaintes. Je veux aller au delà. Parce qu'au delà, il y a moi.
mardi 20 juillet 2010
Le message précédent est plein d'erreurs. je m'en rends compte.
C'est mon imagination qui a donné un pailletage poétique à ce qui m'entourait dans mon enfance. le jardin sur lequel ouvrait le fenêtre n'était pas beau. Mon grand père ne voulait pas d'herbe, parce que c'est trop d'entretien. Alors nous avions du gravier.
Si mon grand père avait voulu de l'herbe, le jardin aurait été vraiment féérique. Comme dans un roman de Lewis Carrol ou un tableau de Monet ; et si le jardin avait été tel, ma mère aurait eu l'âme traversée exclusivement de pensées pures et merveilleuses. Ses parents, si soucieux de l'entretien du jardin, auraient été des parents plus ouverts, s'ils avaient aimé les pelouses et les fleurs. Ils auraient eu des filles plus apaisées, plus sereines.
Et alors, tout aurait été différent.
J'arrête. Je ne dois pas.
C'est mon imagination qui a donné un pailletage poétique à ce qui m'entourait dans mon enfance. le jardin sur lequel ouvrait le fenêtre n'était pas beau. Mon grand père ne voulait pas d'herbe, parce que c'est trop d'entretien. Alors nous avions du gravier.
Si mon grand père avait voulu de l'herbe, le jardin aurait été vraiment féérique. Comme dans un roman de Lewis Carrol ou un tableau de Monet ; et si le jardin avait été tel, ma mère aurait eu l'âme traversée exclusivement de pensées pures et merveilleuses. Ses parents, si soucieux de l'entretien du jardin, auraient été des parents plus ouverts, s'ils avaient aimé les pelouses et les fleurs. Ils auraient eu des filles plus apaisées, plus sereines.
Et alors, tout aurait été différent.
J'arrête. Je ne dois pas.
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