Je peux maintenant me poser la question : ma grand mère, dont je garde un souvenir vague, mais idéal, quel était son but en aménageant cette moche maison, qu'embellie par mon souvenir je trouve merveilleuse ?
Est-ce qu 'en procédant ainsi je détruis mes souvenirs ?
Il n'y avait, comme toute, pas de beaux meubles dans cette maison. C'est très clair : pas un seul, sauf le bahut de la salle à manger et la table d'icelle.
Donc, mes souvenirs proustiens sont totalement reconstitués.
Maintenant, à force d'écrire, je vois bien que á me revient : je ressens tout d'un coup le côté léger, aérien, simple, dénué, type camping qu'il y avait dans ces pièces, surtout celles du bas.
je vais les décrire après.
mardi 13 juillet 2010
samedi 10 juillet 2010
Petites notes incomplètes de trucs vu lu, etc
Une video amusante.
Un truc qui m'arrive parfois.
Une jeune fille comme j'étais il y a quelques années.
Observation juste.
Amuuuur.
Instructif.
Poésie.
Copines.
Un truc qui m'arrive parfois.
Une jeune fille comme j'étais il y a quelques années.
Observation juste.
Amuuuur.
Instructif.
Poésie.
Copines.
jeudi 8 juillet 2010
vendredi 2 juillet 2010
La grande chambre.
Nous y dormions, nous les enfants, en tout cas, me semble-t-il, à l'époque la plus ancienne. Les rideaux de cette chambre étaient rouge bordeaux ou marrons, avec un galon vertical sur le côté.
On entrait dans la chambre et on se trouvait face aux deux lits jumeaux, recouverts du même tissus que celui des rideaux. Puis, à droite, s'étendait un grand espace où nous pouvions jouer, mais nous n'avions que peu de jouets dans cette maison. Deux fenêtres éclairaient cette chambre, l'une donnait sur la façade, l'autre, sur le côté de la maison : on y découvrait la rue principale du village, que l'on voyait en entier, pratiquement.
J'ai d'abord voulu me créer un univers comme dans les petites filles modèles, qui se trouvaient dans la maison. Cette maison était celle des Petites Filles Modèles. Je tentais de tout y organiser comme il me semblait que les choses devaient être : mais la maison n'y mettait pas du sien. La poupée qui s'y trouvait était vieille et abimée, alors que dans la maison des Petites filles modèles, elle était toute neuve. Mais je tentais de bien arranger la maison de la poupée, pour m'introduire de force dans cette histoire ; ou pour que l'histoire transforme ma vie.
Je rangeais et dérangeais donc toute la partie vide de la chambre. Je sentais bien que ça n'allait pas, pourtant. Il y avait trop de vide, puisque cette maison, de vacances. était somme toute assez vide. Mais je tentais.
On entrait dans la chambre et on se trouvait face aux deux lits jumeaux, recouverts du même tissus que celui des rideaux. Puis, à droite, s'étendait un grand espace où nous pouvions jouer, mais nous n'avions que peu de jouets dans cette maison. Deux fenêtres éclairaient cette chambre, l'une donnait sur la façade, l'autre, sur le côté de la maison : on y découvrait la rue principale du village, que l'on voyait en entier, pratiquement.
J'ai d'abord voulu me créer un univers comme dans les petites filles modèles, qui se trouvaient dans la maison. Cette maison était celle des Petites Filles Modèles. Je tentais de tout y organiser comme il me semblait que les choses devaient être : mais la maison n'y mettait pas du sien. La poupée qui s'y trouvait était vieille et abimée, alors que dans la maison des Petites filles modèles, elle était toute neuve. Mais je tentais de bien arranger la maison de la poupée, pour m'introduire de force dans cette histoire ; ou pour que l'histoire transforme ma vie.
Je rangeais et dérangeais donc toute la partie vide de la chambre. Je sentais bien que ça n'allait pas, pourtant. Il y avait trop de vide, puisque cette maison, de vacances. était somme toute assez vide. Mais je tentais.
mercredi 30 juin 2010
La rancoeur est inélégante. je voudrais ne pas trop l'étaler, bien que je la ressente (d'où ce titre : quels mots trouver).
Je voudrais ne plus en vouloir à mes parents. La rancoeur m'oppresse, elle est laide, elle crispe le visage, éteint le regard. Je voudrais me dire qu'ils n'ont pas eu le choix, et fait ce qu'ils ont cru bon ; ce qui est, du reste, la vérité.
Pourtant, ça ne s'en va pas. Mais je devrais peut-être faire un autre blog. Un blog spécial rancoeur.
Je voudrais ne plus en vouloir à mes parents. La rancoeur m'oppresse, elle est laide, elle crispe le visage, éteint le regard. Je voudrais me dire qu'ils n'ont pas eu le choix, et fait ce qu'ils ont cru bon ; ce qui est, du reste, la vérité.
Pourtant, ça ne s'en va pas. Mais je devrais peut-être faire un autre blog. Un blog spécial rancoeur.
mardi 29 juin 2010
Si ma grand mère n'était pas morte, que ce serait-il passé ? On ne refait pas l'histoire, mais voyons.
Elle étouffait maman. Maman nous a ensuite étouffé, ou peut-être plutôt écrasées. Si elle n'était pas morte, l'influence de Mamie aurait perduré, et maman aurait peut-être été un peu moins totalitaire avec nous, obligée de prendre en compte les remarques de sa mère. Elle aurait peut-être eu conscience de certaines anomalies dans l'attitude de Malou.
Nous aurions continué de nous rendre dans la maison. Ces moments magiques auraient duré plus longtemps, et avec le poids de mes grands parents dans le village, et non pas la pression légère de ma mère. Mon grand père parlait au Maire, et il y avait beaucoup de complicité dans leurs rapports. Je trouvais agréable d'être là, d'assister à cette complicité bon enfant qui me faisait rentrer dans le village. Quand mes grands parents ont disparu, la complicité a disparu. Mes parents étaient vu comme des étrangers. Etrangers sympas mais étrangers. Bien que mon père se sentent proche des paysans, il n'en est pas un. C'est, typiquement, un gratte papier issu du monde rural.
Elle étouffait maman. Maman nous a ensuite étouffé, ou peut-être plutôt écrasées. Si elle n'était pas morte, l'influence de Mamie aurait perduré, et maman aurait peut-être été un peu moins totalitaire avec nous, obligée de prendre en compte les remarques de sa mère. Elle aurait peut-être eu conscience de certaines anomalies dans l'attitude de Malou.
Nous aurions continué de nous rendre dans la maison. Ces moments magiques auraient duré plus longtemps, et avec le poids de mes grands parents dans le village, et non pas la pression légère de ma mère. Mon grand père parlait au Maire, et il y avait beaucoup de complicité dans leurs rapports. Je trouvais agréable d'être là, d'assister à cette complicité bon enfant qui me faisait rentrer dans le village. Quand mes grands parents ont disparu, la complicité a disparu. Mes parents étaient vu comme des étrangers. Etrangers sympas mais étrangers. Bien que mon père se sentent proche des paysans, il n'en est pas un. C'est, typiquement, un gratte papier issu du monde rural.
samedi 26 juin 2010
Retour dans la salle de bain, via le couloir.
Pousser la grinçante porte qui sépare les escaliers et le couloir des chambre, à gauche.
Trouver le bouton pour la lumière, car le couloir est aveugle.
La lumière jaillit, et on se voit dans la miroir de la porte du débarras, au fond du couloir.
Marcher : à gauche, la première porte, celle de la grande chambre où nous, enfants, dormons ; à droite, la deuxième, celle de la chambre rose ; encore à droite, la troisième, celle de la salle de bain.
Trouver les mots qui décrivent la matité des sons du couloir clos, recouvert de lino.
Puis entrer dans la salle de bain, où les sons sont différents : aqueux, fins, ils rebondissent sur les murs.
Cette chaleur d'été, actuelle, me rappelle ces chaleurs d'été ancienne, la fatigue des jeux, de la peau brûlante de la terre, du sel, du sable.
La douche bienfaisante, l'engourdissement des membres, le repas du soir, bienveillant, préparé par ma grand mère, ombre tutélaire trop vite partie.
Le soir, des draps frais et propres m'accueillaient et je tombais dans le sommeil avec un bonheur innommé.
Trouver le bouton pour la lumière, car le couloir est aveugle.
La lumière jaillit, et on se voit dans la miroir de la porte du débarras, au fond du couloir.
Marcher : à gauche, la première porte, celle de la grande chambre où nous, enfants, dormons ; à droite, la deuxième, celle de la chambre rose ; encore à droite, la troisième, celle de la salle de bain.
Trouver les mots qui décrivent la matité des sons du couloir clos, recouvert de lino.
Puis entrer dans la salle de bain, où les sons sont différents : aqueux, fins, ils rebondissent sur les murs.
Cette chaleur d'été, actuelle, me rappelle ces chaleurs d'été ancienne, la fatigue des jeux, de la peau brûlante de la terre, du sel, du sable.
La douche bienfaisante, l'engourdissement des membres, le repas du soir, bienveillant, préparé par ma grand mère, ombre tutélaire trop vite partie.
Le soir, des draps frais et propres m'accueillaient et je tombais dans le sommeil avec un bonheur innommé.
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